DISCOURS D’OUVERTURE
DU XXIIème CHAPITRE GENERAL
Chers frères,
C’est un grand plaisir pour moi de vous souhaiter le bienvenu personnellement et fraternellement au début de cette session inaugurale du XXIIème Chapitre Général de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus.
Vous êtes venus partout dans la congrégation, non seulement comme représentants juridiques de vos respectives entités, mais en tant que porteurs de la vitalité qui coule dans les communautés dehoniennes à travers le monde, avec leurs joies et difficultés, défis et espérances. Je souhaite que notre assemblée capitulaire puisse être avant tout un espace fraternel d’accueil mutuel et acceptation dans la communication et l’écoute de cette vie suscitée par l’Esprit qui se manifeste dans la variété des langues et cultures dans lesquelles vivent nos confères.
De cette ouverture du cœur à Dieu et à nos frères naît une attitude de réflexion et discernement qui doit caractériser nos travaux durant ces quatre prochaines semaines, pour chercher de comprendre la réalité vivante de Congrégation en ses diverses composantes et discerner la volonté de Dieu pour notre vie et action dans l’Eglise et le monde d’aujourd’hui.
En tant que chapitre ordinaire, notre assemblée a trois principales tâches :
a). Vérifier l’état de la congrégation ;
b) Elire le Gouvernement Général pour le prochain sexennat ;
c) Traiter tous les aspects importants de la vie et la mission de la congrégation comme le stipule le Règlement du Chapitre n. 51 (cf. CIC 631).
L’analyse de l’état de la congrégation aura lieu à partir du rapport du Supérieur Général et de l’Econome Général et sera complétée par les différentes informations de quelques organismes de la Curie Générale (Centre d’Etudes Dehoniennes, Postulation, Collège International) et par les rapports des différentes entités.
Le choix des membres de la prochaine Administration Générale est un moment de grande importance pour le Chapitre et pour la Congrégation et sera spécialement préparé avec une journée de réflexion spirituelle et d’invitation à la prière et au discernement de l’Esprit.
La Commission Préparatoire, dans sa planification, a organisé la troisième partie des travaux capitulaires à partir de la réflexion promue en toute la Congrégation et qui a abouti à « l’Instrumentum laboris » du Chapitre a été proposé par les Supérieurs Majeures lors de leur rencontre en 2007 et formulé par la Commission selon l’esprit de l’Année Paulinienne » que nous sommes en train de vivre en communion avec l’Eglise. Elle résonne comme une invitation à la fraternelle sequela Christi et à sa mission : L’amour du Christ nous presse (2 Co 5, 14) : Passionnés du Christ qui nous unit en fraternité, nous annonçons l’Evangile » Que cette invitation de l’apôtre des Nations envahisse nos cœurs et nos esprits, afin qu’elle devienne le centre de notre unité, la motivation et l’orientation de nos décisions.
Parmi les thèmes à traiter se trouve aussi une importante section juridique qui cherche d’adapter quelques aspects de la Règle de Vie à la nouvelle réalité de la Congrégation. Il s’agit de petits changements des Constitutions, d’une révision substantielle du Directoire Général et de l’approbation définitive des Normes pour l’Administration des Biens (N.A.B.). Un travail de ce genre requiert toujours patience et attention. Nous chercherons de le réaliser avec une méthodologie adéquate, conscients de son importance pour la communion de toute la Congrégation.
Un Chapitre n’est jamais un événement purement administratif, pour accomplir les normes institutionnelles, mais requiert, d’une part, attention fidèle au projet de Dieu et à notre tradition et, d’autre part, sensibilité aux signes des temps en lesquels nous vivons, de manière à pouvoir répondre aux défis que nous avons devant nous. Nous sommes invités à prendre conscience du moment que nous sommes en train de vivre, qui voit une forte réduction d’énergies dans les Entités qui étaient le moteur de la Congrégation, marquée maintenant par de nouveaux développement dans d’autres parties du monde. Cela nous engage à nous confronter avec une diversification culturelle qui n’a pas d’égal dans le passé et nouveaux défis en tout le monde, qui requièrent un changement de mentalité au niveau individuel et institutionnel.
Même le monde dans lequel nous vivons expérimente une vague de changements qui mettent en question les équilibres culturels et stratégiques du passé, exigeant un changement de mentalités millénaires. On pense à la responsabilité pour les problèmes de l’écologie, qui mettent en question les modèles de civilisation et de développement ; à la dimension internationale du terrorisme et des guerres ; aux conséquences planétaires de la crise économique ou des maladies contagieuses. Mais nous pensons aussi aux énormes possibilités dont on aurait imaginé d’en rêver avant : l’émergence de nouvelles puissances sociopolitiques en Asie, Afrique et Amérique latine, puissances qui peuvent aider à faire justice à la majorité oubliée de l’humanité ; au vertigineux développement technologique et scientifique, qui peut fournir des solutions à tant de problèmes ; à la croissance d’une nouvelle conscience de tant de gens de bonne volonté qui, dans la diversité de leurs croyances et cultures, cherche des chemins de dignité, de justice et paix pour tout le monde.
Une inévitable vérité se fait route au milieu de tout cela : les problèmes locaux deviennent subitement universels et requièrent des solutions globales et même les sociétés plus autosuffisantes sont frappées par des succès et, surtout par les problèmes des petits et de ceux qu’ils voulaient oublier.
C’est dans ce monde-là que ce déroule notre Chapitre, nous nous sommes retirés dans cette belle colline de la Maison Générale, pour prier, réfléchir, partager entre nous, mais nous ne voulons pas oublier la réalité de tous les confrères, de l’Eglise et du monde. Comme le Père Dehon nous a enseigné, nous voulons regarder ensemble ces réalités, avec la sagesse qui nous vient de l’Evangile et de notre tradition et le dynamisme de l’Esprit présent au milieu de nous. Nous voulons apprendre de Saint Paul, que nous célébrons de façon spéciale cette année, la passion pour le Christ, le son extrême pour l’unité dans la pluralité culturelle de l’Eglise, la vision du projet universel de l’Evangile à porter à toutes les cultures et nations.
Que Marie, Mère de l’Eglise qui accompagnait les apôtres à la veille de la venue de l’Esprit, inspire nos attitudes fraternelles et la libre et disponible recherche de la volonté de Dieu pour cette partie de son Eglise qu’est notre Congrégation.
Sans me prolonger à des mentions individuelles, je veux exprimer dès maintenant, en mon nom personnel et de tout le Gouvernement Général, l’appréciation et la gratitude pour tous ceux qui ont déjà beaucoup travaillé pour rendre possible notre rencontre : la commission préparatoire comme celle juridique et liturgique ; les auteurs de l’hymne du Chapitre ; le Secrétariat de la Congrégation et ses collaborateurs, les confrères qui assurent des rôles de service au Chapitre (modérateurs, secrétaires, journalistes…), la communauté de Rome II qui nous accueille fraternellement et nous soutient en collaborant dans des tâches quotidiennes ; le personnel de la Maison Générale et de la Villa Aurelia qui rend concrète l’hospitalité avec son travail, et nos chères traductrices qui, sous la direction de Madame Kathleen Elslander, célèbrent trente ans de précieuse collaboration avec la Congrégation. Et, en parlant de traductions, je veux faire une mention spéciale de gratitude des confrères et autres personnes qui ont contribué, avec peine et générosité, à la traduction et correction des textes en diverses langues. Que la bonne volonté et l’effort de tant de frères et sœurs contribuassent à rendre abondant le fruit de notre travail.
Ainsi, je déclare ouvert le XXIIème Chapitre Général de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus.
Père José Ornelas Carvalho, scj
Supérieur Général.