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L'Afrique aux Chapitres généraux SCJ

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La Maison du Sacré-Cœur pendant la Guerre

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Profezia e comunità religiosa

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I Cento Anni della Scuola Apostolica di Albino

   

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L'Afrique aux Chapitres généraux SCJ

  Joseph KUATE, scj

Pourquoi un tel sujet?

Il pourrait paraître tendancieux ou provocant de parler d'un tel sujet, d'où la clarification de l'intension vaut la peine. Depuis la dernière décennie du siècle dernier, les provinces scj d'Afrique ont senti la nécessité de travailler en collaboration et un processus de renforcement de cette fraternité au niveau continental ou régional est en cours. Il faut noter qu'il y a douze ans l'Afrique ne comptait qu'une seule province scj, le Congo démocratique (Zaïre), les autres pays où se trouvent les scj étant encore des régions ou des missions attachées à des provinces métropolitaines. Les lieux de rencontre entre les responsables de zones étaient rares et occasionnels, l'unique lieu tangible n'étant que les chapitres généraux qui se tiennent généralement tous les six ans. Partant de ces rencontres où l'Afrique faisait tache d'huile, nous voudrions donner une genèse à la solidarité continentale qui poursuit son cours, convaincu que la connaissance du passé peut bien être un ferment pour forger l'avenir. Par ailleurs, l'année 2008 étant celle de la tenue des chapitres provinciaux qui prépareront le chapitre général de 2009, il peut sembler important de savoir si d'un chapitre à l'autre il y a une suivie, ce qui éviterait un éternel recommencement ou permettrait une consolidation de ce qui a déjà été dit et fait.

Limites du sujet .

Notre investigation est basée sur des matériaux qui recèlent des insuffisances. Nous partons des seuls documents capitulaires ; or ces documents ne sont que des résumés de ce qui a été dit et fait aux chapitres. Aussi, les secrétaires font un tri et ne mettent dans les documents que ce qu'ils jugent utile. De plus, le débat sur les régions n'a pas toujours figuré dans l'agenda de tous les chapitres généraux. Ceci se comprend dans la mesure où la majorité des capitulants jusque dans les années 1990 étaient originellement de la région d'Europe ou d'Amérique du Nord et facilement, les territoires missionnaires auraient dû être assimilés aux provinces-mères. Les documents auxquels nous avons eu accès datent de 1947 au dernier chapitre de 2003. Ce qui fait que de ceux qui ont précédé ces dates nous ne pouvons rien dire.

LA PRESENCE DES MANDATAIRES D'AFRIQUE AUX CHAPITRES GENERAUX

Le XIIe Chapitre de 1947 s'est tenu les 3 et 4 octobre à Bologna. Les documents ne signalent aucune présence venue de l'Afrique.

Le document de 1954 signale la présence du supérieur régional congolais au XIIIe chapitre, le Père GERRITSEN Joseph François Xavier, accompagné d'un délégué, Le Père BERGH Nicolas Camille Marie. Ce chapitre a débuté le 07 janvier et a pris fin le 17 janvier 1954 à Rome.

Le XIVe chapitre a eu lieu du 09 juillet au 17 juillet 1959 à Rome. Aucune présence africaine n'est signalée dans le document qui, notons-le, est très maigre.

Le XVe chapitre tenu au lendemain du Concile Vatican II a eu deux sessions. La première ira du 24 avril au 25 juin 1966 à Rome (Opera Gaspari). Le Congo, devenu province en 1964, est représenté par son provincial le Père GUERTS Charles Bernard et un délégué, le Père POETS Charles. La deuxième session, du 15 mai au 1 e juillet 1967 à Rome (Domus Mariae), verra la présence du provincial congolais, le Père GUERTS Charles Bernard et de deux délégués, les Pères MEEUWESSE Charles Jean-Baptiste et SPOO Marcel François Xavier ; Aliwal Nord est représenté par le Père Régional NORDLOHNE alphonsus Ludgerus et De Aar par son régional, le Père WILL Leonardus Andreas ; la région de Mozambique est présenté par son régional FINAZZI Tarcissus Bernadus et la région du Cameroun par son supérieur Régional, le Père DUQUET Joseph.

Le XVIe Chapitre débute le 23 mai 1973 à Rome et prend fin le 04 juillet 1973. Le Père JANSEN Pierre, supérieur provincial du Congo est présent avec deux délégués, les Pères SPOO Marcel et NOTHUM Alfred. Le Père ZERR Joseph, supérieur régional du Cameroun, Le Père SAHR Bernardus, Supérieur régional d'Aliwal, le Père STRITTMATTER Joannes Nicolaus, régional de Aar et le Père LEALI Nuntius Giovanni, régional du Mozambique sont aussi présents à cette session.

Le XVIIe Chapitre s'est tenu du 22 mai au 22 juillet 1979 à Rome. De l'Afrique, sont venus le Père provincial du Zaïre, ROELANTS Jan François d'Assise accompagné d'un délégué, le Père SZIMPLINSKI Georges, le Père TOLLER Aetius, régional de Mozambique, le Père GIROUX Vildac Stephan, régional de De Aar, le Père HANSEL Benno Mathias, régional de Aliwal et le Père SIOU François, régional du Cameroun.

Le XVIIIe Chapitre général a eu lieu du 15 mai au 14 juin 1985 à Rome. Y ont pris part venus de l'Afrique, le Père RUARO Silvano, provincial du Zaïre assisté de deux délégués, ROELANTS Jan François d'Assise et VAN GENNIP Willem, le Père KAMGANG Léon, régional du Cameroun, le Père WILSON William, régional d'Aliwal, le Père POTOCNAK Joseph, Régional de De Aar, le Père GIORGIO Emilio, régional du Mozambique.

Le XIXe Chapitre général a débuté le 14 mai 1991 à Rome et s'est achevé le 07 juin 1991. Les représentants d'Afrique ont été le Père MAHER David, provincial du Zaïre assisté de deux délégués, les Pères SENDEKE MOUZHO Zénon et STASIK Wladylaw, le Père SIOU François, régional du Cameroun, le Père HANSEL Benno, régional d'Aliwal Nord, le Père PITCAVAGE William, régional de De Aar et le Père MANDELLA Maggiorino, régional du Mozambique.

Au XXe Chapitre général tenu à Rome du 14 mai au 06 juin 1997, sont venus de l'Afrique : Le Père MASIALEK Adam, provincial de l'Afrique du Sud accompagné du Père PITCAVAGE William, délégué ; Le Père CONRATH André, provincial du Cameroun, accompagné du Père TACHAGO David, délégué ; le Père HANSEN Matthias, provincial du Congo Démocratique, accompagné des Pères STULP Eligio et KUCHTA François, délégués et enfin du Père MAHKWELIHA Tomé, régional du Mozambique.

Le XXIe Chapitre général se tiendra du 12 mai au 13 juin 2003 à Rome. De l'Afrique y ont pris part, le Père PRZYBYS Marek, provincial de l'Afrique du Sud accompagné du Père CHWAJA Zbigniew ; le Père Antonio PANTEGHINI, provincial du Cameroun, accompagné des Pères KEUMENI NGOUNOU Yves Léopold et KUATE Joseph, délégués ; le Père RUARO Dino, accompagné des Pères LINGWENGWE Albert et PROSS Giovanni, délégués ; le Père MATTI Onorio provincial du Mozambique accompagné des Pères AZEVEDO Saraiva et DALLA ZUANNA Claudio ; le Père LUIS ALBERTO RODRIGUEZ Dinis, régional de Madagascar accompagné du Père POTENZA Giusseppe, délégué.

INTERPRETATION DES INTERVENTIONS SUR L'AFRIQUE SELON LES DOCUMENTS CAPITULAIRES.

Au chapitre de 1947, l'Assistant Général chargé des missions d'Afrique le Père Jean Christen brosse un rapport de sa tournée dans les missions africaines tenues par les scj à savoir, Aliwal (Sud Afrique), Stanley-Falls (Congo-Belge) et Foumban (Cameroun). Il encourage les capitulaires à l'intérêt pour les études sur la mission. Il a présenté les questions et les difficultés rencontrées lors de sa visite dans les territoires missionnaires. Le chapitre a jugé prudent de ne pas répondre à toutes les préoccupations, certaines relevant de la compétence de la Propaganda Fide. Néanmoins quelques questions ont été abordées.

•  Le chapitre a décidé qu'un missionnaire qui a déjà passé un certain nombre de temps en territoires missionnaires (5 ans au Congo, 6 ans au Cameroun, 10 ans à Aliwal) peut prendre un temps de repos dans son pays d'origine. Les vacances sont fixées pour six mois aussi bien pour les missionnaires qui sont rentrés à cause de la maladie.

•  Le chapitre demande aussi au missionnaire qui veut faire une publication de s'atteler aux prescriptions du droit canonique et aux supérieurs provinciaux de ne donner l'autorisation de publication de quelque chose de la part d'un missionnaire dans la province que si celui-ci ait auparavant présenté le manuscrit au vicaire apostolique du territoire où il travaille et reçu son Nullius obstat 1.

Notons qu'à cette époque la vie religieuse en territoire missionnaire n'a pas de marque propre. Les missionnaires sont là pour fonder l'église locale. Les vicaires apostoliques bien qu'étant religieux ne veulent pas entendre à cette époque qu'il y ait une réunion des religieux qui ne soit convoquée par eux. Selon certains témoignages, lorsque le Cameroun deviendra région vers cette année 1948, le supérieur régional, le Père Jean Delcroix, aura de la peine pour regrouper les religieux et Mgr Bouque craignant d'avoir des démêlés avec lui tous les temps lui recommandera d'aller dans une région en majorité protestante (Bangangté) créer la Maison religieuse.

Au chapitre de 1954, les territoires d'Afrique aux mains des missionnaires sont encore des vicariats apostoliques : De Aar et Aliwal (Sud Afrique), Stanley Falls (Congo Belge) et Foumban (Cameroun). Stanley Falls s'est divisé en deux et a donné naissance au vicariat de Wamba. On signale la présence des missionnaires de la province d'Italie du Nord au Mozambique depuis quelques années. Aussi, on entend avec joie que trois Camerounais sont entrés au Noviciat d'Amiens en France 2. Il s'agit d'Antoine Tankwé ( + 1998), Léon Kamgang ( + 2006) et Romain Konka. Antoine et Léon sont ordonnés dans la congrégation en 1957 tandis que Romain l'a quittée. Le chapitre exprime son souhait de voir bientôt la congrégation accueillir les fils de diverses couleurs pour vivre la réparation. Ce souhait ne se réalisera pas aussitôt avec la génération de ce chapitre, car en 1955, la propaganda Fide interpelle les religieux qu'ils sont en mission pour former le clergé local et non faire des vocations à eux. Ce n'est qu'avec la création d'un noviciat en terre africaine que l'accueil des candidats africains à la vie religieuse scj se fera encore jour.

Au Chapitre de 1959, nous ne pouvons rien dire car les documents sont maigres et ne contiennent aucune information sur notre sujet. Toutefois l'on sait que cette année se trouve à la veille des indépendances du Cameroun (1 e janvier 1960) et du Congo-Kinshasa (27 juin 1960). Des missionnaires seront tués au Cameroun en 1959 et au Congo en 1964 avec les troubles politiques. En 1962, Jean XXIII convoque le Concile Vatican II. A cette période, les églises locales se sentent déjà à mesure de se guider par elles-mêmes et revendiquent la direction des diocèses. Au Cameroun comme au Congo, les pères commencent à se retirer du gouvernement de l'Eglise locale, mais la conscience de l'enracinement de la vie religieuse par l'introduction des candidats africains dans la congrégation ne s'éveillera pas aussitôt et pour cause. Beaucoup sont les religieux qui en territoire de mission comme dans les provinces d'Europe ont eu du mal à s'adapter au souffle nouveau apporté par le Concile Vatican II. Il y en a qui ne croyaient même plus à l'avenir de la vie religieuse et trouvaient inutile de créer ou de préserver les structures de formation. Signalons en passant que le Congo est devenu province en 1964.

Les chapitres du lendemain du Concile Vatican II (1966-67, 1973, 1979) et même de 1985 abonderont beaucoup dans la réforme de la doctrine et des constitutions proposée par le Concile. Aucun document ne signale le débat sur les zones géo-culturelles. Néanmoins, au Chapitre de 1979, on note que les régions d'Aliwal-Nord, de De Aar et du Cameroun commencent à mettre les structures en place pour la formation et s'impliquent dans la pastorale vocationnelle 3. Notons que le Cameroun ouvrira les portes du Noviciat quelques mois plus tard, le 1 e octobre 1979. L'année suivante, 1980, le noviciat de Ndoungué (première structure de formation scj en terre africaine) accueillira Congolais et Camerounais.

Au Chapitre de 1985, la mission domine les sujets où l'Afrique est évoquée. Le Mozambique est aux prises avec la guerre civile qui a éclaté entre les mouvements nationalistes depuis une décennie. Le Frelimo et la Renamo soutenus par les pays socialistes d'une part et les pays capitalistes de l'autre font des carnages. Signalons pour la génération d'aujourd'hui que nous sommes au large de la guerre froide à cette époque entre le bloc socialiste et le bloc capitaliste qui ne pouvant s'affronter sur leurs terres choisissent « des coqs de lutte » et des espaces d'affrontement dans les pays pauvres, comme, dit-on en Afrique, « quand les éléphants se battent se sont les herbes qui payent le frais ». L'Eglise du Mozambique, signale le Supérieur régional, Emilio Giorgio, prône la réconciliation aux partis en guerre et entretient l'espoir du peuple abattu et épuisé 4. Les vocations scj se signalent déjà.

A Madagascar, deux groupes de missionnaires opèrent séparément. Les missionnaires originaires d'Italie du Sud travaillent au Nord depuis 1975, tandis que quatre pères Portugais sont sur la côte du Sud-Est depuis 1982. Ils oeuvrent pour l'évangélisation et l'assistance missionnaire 5. Ajoutons que quatre ans plus tard en 1989, les pères italiens enverront deux sujets malgaches au Cameroun pour le noviciat.

Le Zaïre (Ancien Congo-Kinshasa) continue à recevoir les missionnaires de plusieurs provinces. Le Père Silvano Ruaro, provincial en est fier et remercie les 12 nations qui ont envoyé leur fils travailler dans sa province 6. Saint Luc dirait « toutes les nations  qui sont sous le ciel » (cf Ac 2). Les missionnaires y oeuvrent dans l'évangélisation et l'éducation bien que ne disposant plus assez d'écoles, le gouvernement ayant ravi la plupart 7.

Au chapitre de 1991, le rapport bien que court, montre un tournant historique dans la région d'Afrique. Le mot mission ou territoire de mission n'est plus utilisé. La crise d'identité est signalée 8. Disons que la chute du communisme avec le vent de l'Est secoue le continent. C'est l'heure de la remise en cause par les africains eux-mêmes des structures qui les ont gérés jusque-là. La crise économique, politique et sociale qui sévit déjà depuis quelques années, a généré des interrogations profondes. L'opinion publique commence à naître, car jusque-là le peuple avait vécu sous les lois d'exception où toute contradiction de l'ordre établi était vue comme subversion et atteinte à la sûreté des Etats. Les missionnaires ne sont pas épargnés par les critiques. N'a-t-on pas parfois entendu par-ci par là, et même des évêques, « vous avez évangélisé mais qu'est-ce qui reste comme trace de vous-mêmes. » Certains évêques posent comme condition à certains religieux et religieuses pour rester ou pour s'implanter dans leur diocèse le recrutement des vocations locales. Les religieux eux-mêmes sentent le besoin, car les provinces-mères n'ont plus de vocation. Les Africains téméraires à l'instar d'Eboussi Boulaga, Engelbert Mveng, Jean-Marc Ela et autres demandaient depuis plus d'une dizaine d'année un concile africain. C'est cette année 1991 que le Synode africain est annoncé par le Pape Jean-Paul II pour 1994.

Au chapitre de 1997, les débats géo-culturels refont surface et la présence africaine est visible. Notons que l'Afrique du sud et le Cameroun sont devenus entre-temps des provinces, depuis le 28 novembre 1994 pour le premier et le 30 novembre 1995 pour le second 9. Le Mozambique est en voie de la provincialisation et le Madagascar, ayant unifié les deux missions (italienne du sud et portugaise) depuis 1994, est en passe de devenir région 10. L'inquiétude est au Congo où une dictature est en train d'être remplacée par une autre au gré de l'insécurité et de l'appétit des « rapaces » des minerais que sont les impérialistes américains, européens, Sud Africains 11… Eboussi dira, «  Tant que le Congo regorgera des minerais qui suscitent convoitise des puissances (rapaces), le peuple ne vivra jamais en paix  » 12. La Province Congolaise fête le 100 e anniversaire de notre présence cette année 1997. Le chapitre propose de faire un bilan de l'activité missionnaire à cette occasion en vue de réfléchir sur un sens missionnaire lié au contexte d'aujourd'hui 13.

L'Afrique, comme groupe géoculturel intervient cinq fois dans les débats : sur le choix des conseillers généraux ; sur les expériences de la formation internationale qu'elle cautionne ; sur la pastorale des vocations ; sur les fonds de solidarité ; sur le thème de la communauté prophétique et sur la famille dehonienne. Outre cela chaque province a présenté la réalité qui prévaut chez elle.

Le thème de ce chapitre est l'internationalité de la congrégation : « Nous congrégation au service de la mission » (entre les lignes, en recherche d'un projet global à l'heure de la mondialisation). On remarque que la crise de conscience signalée au précédent chapitre a généré une prise de conscience des jeunes provinces africaines de la nécessité d'œuvrer ensemble. C'est le début de la fin de chacun pour soi et des paternalismes des provinces-mères. Ainsi, les provinces d'Afrique ensemble sont en train d'œuvrer pour la création d'un pôle de théologie en Anglais en Afrique du Sud, le pôle français existant déjà à Ngoya au Cameroun et accueille jusque là les étudiants Mozambicains, Congolais et Camerounais. Les instituts de théologie dans lesquels nos étudiants suivent les cours ont en plus de la formation aux sciences sacrées, la formation missionnaire et à la sensibilité africaine. Remarquons que le Synode africain de 1994 a donné un nouveau champ d'action aux théologiens à savoir, l'inculturation et la nouvelle évangélisation. Ainsi, les religieux sont aussi invités à inculturer leurs charismes. C'est à ce chapitre pour la première fois qu'un fils de l'Afrique deviendra conseiller général, le Père Tomé MAHKWELIHA, provincial du Mozambique, d'alors qui peu après sera nommé évêque et sera remplacé par un autre natif d'Afrique, le Père Zolile MPAMBANI de l'Afrique du Sud.

Au XXIe Chapitre de 2003, l'Afrique est sortie de l'ordinaire. Tant elle s'est fait parler d'elle par sa représentativité que par son explosion vocationelle. Pour la première fois, elle a présenté 14 membres de droit au chapitre : un conseiller général, 4 supérieurs provinciaux, un supérieur régional et 8 délégués.

Du précédent chapitre de 1997 à celui-ci de 2003, certaines provinces comme le Cameroun ont doublé d'effectif de membres, le Mozambique est devenu une province depuis 1998 et le Madagascar une région et se présente pour la première fois au chapitre avec son supérieur régional et un délégué.

Les missionnaires aussi bien que la congrégation entière sont fiers de constater que la moisson du fruit de leurs efforts commence. Des progrès considérables ont été faits pour donner une meilleure formation aux jeunes scj africains en formation et promouvoir une solidarité entre eux dès les années de formation. Deux pôles théologiques sont opérationnels ; l'un de langue française à Ngoya au Cameroun et l'autre de langue anglaise à Cedara en Afrique du Sud. Trois Camerounais sont à Cedara depuis deux ans et le Congo envisage envoyer deux scolastiques cette année, ainsi que le Mozambique qui y a déjà un formateur et deux autres Camerounais sont aussi sur le point de départ pour Piztmarisburg. Les provinces ont contribué pour la moitié de frais d'infrastructures requises et le gouvernement général se chargera du reste. La collaboration pour la philosophie continue entre le Cameroun et le Congo à Kisangani. Tous ces efforts veulent contribuer à créer une conscience scj africaine à l'heure ou la théologie locale est dominée par les thèmes de l'inculturation et de la seconde évangélisation 14.

Toutefois, les joies n'ont pas empêché d'exprimer les inquiétudes. Le nombre d'Africains en formation présente un véritable défi pour leurs provinces généralement pauvres et dépendantes financièrement des provinces d'Occident. Le chapitre a suggéré pour juguler ce défi, l'exigence « d'un saut de qualité » de la part des provinces qui se résume en une gestion rationnelle des biens disponibles, la mise en commun effectif et l'adoption du style de vie qui correspond à la réalité locale.

L'autre défi, c'est qu'outre la formation, les provinces ne tiennent plus d'assises communes alors que la formation n'est pas l'unique priorité. Les capitulaires africains ont bien voulu qu'il y existe aussi à coté de la commission de formation régionale, la commission justice et paix régionale, la commission de gestion régionale ou la commission de pastorale régionale. Effectivement, il reste de savoir comment promouvoir les rencontres en tenant compte de la difficulté économique 15.

Les nouvelles des pays sont restées les mêmes. Les pays d'Afrique vivent de plus en plus au seuil de la pauvreté avec une récession des structures sanitaires et scolaires, bref de premières nécessités. Le Congo est en proie à une guerre fantoche orchestrée par ses voisins Ougandais et Rwandais derrières lesquels se cachent les grandes puissances « prédateurs des minerais ». Dans les autres pays, c'est la dictature néo-colonialiste qui fait encore la pluie et le beau temps. C'est dans ce champ que les jeunes religieux africains sont appelés à servir la mission (titre du chapitre : Nous congrégation au service de la mission. Un cœur ouvert à tous .)

CONCLUSION

Nous avons posé comme but de ce travail, la recherche de la genèse de la solidarité entre les provinces scj africaines d'aujourd'hui. Les chapitres généraux que nous avons choisis comme notre domaine d'investigation nous ont abondamment servi d'arguments qui ne nous démentent pas qu'ils ont été les lieux par excellence où la prise de conscience du devenir ensemble dans la zone Afrique a été fécondée. Cette conscience a évolué lentement mais mûrement. Au départ chaque territoire de la zone était lié à une province-mère, mais au fur et à mesure que les églises locales s'émancipaient et que les vocations missionnaires tarissaient en Europe, les pères en terre africaine ont senti la nécessité d'enraciner leur charisme dans l'Eglise locale. La croissance rapide des vocations a contribué à la provincialisation des régions. C'est une joie et un souci comme les pères capitulaires de 2003 ont remarqué. Toutefois, il y a lieu de se poser la question de savoir si les difficultés auxquelles nous avons fait allusion ne constituent pas la raison pour la laquelle Dieu appelle ces nombreux jeunes. En d'autres termes, Dieu a toujours suscité ses serviteurs quand il y a crise justement pour qu'ils apportent au peuple, d'une part, sa manière de juger la crise et d'autre part ses propositions pour en sortir. Pour nous, ces nombreuses vocations sont un don de Dieu. Il compte sur elles « pour sortir son peuple (d'Afrique) des ténèbres et de l'ombre de la mort et conduire ses pas aux chemins de la paix » (Cantique de Zacharie).

Néanmoins, il nous revient (scj Africains) de donner au Seigneur une réponse contributive de manière active et non passive, cela aussi bien au niveau individuel que communautaire, au niveau local que géo-culturel. D'où puiser les éléments solides de réponse ?

Un proverbe Bamiléké (Ouest – Cameroun) dit qu'une clôture solide ne se fait qu'avec l'association de nouveaux et de vieux bambous. Si l'on se sert uniquement de nouveaux bambous pour faire la clôture, elle va se tordre à la longue et si au contraire on utilise que les vieux, la clôture ne tardera pas à s'écrouler. Nous voulons ainsi dire que les éléments de réponses sont à chercher d'une part dans le patrimoine bâti par les missionnaires au prix de leur courage et parfois au péril de leur vie (qui n'a pas froid aujourd'hui d'entendre qu'ils mettaient parfois 7 ans en mission avant de prendre les congés ?) et d'autre part dans le neuf qu'il faut inventer. Autrement dit, il faut savoir conjuguer l'héritage reçu et les exigences de l'Eglise de notre temps et imprimer le résultat des couleurs dehoniennes. Il va sans dire que les Dehoniens Africains à notre sens, ne doivent pas être en marge des champs d'investigations des solutions pour la crise africaine. Pour cela, on devrait encourager déjà dès le noviciat les jeunes aux initiatives pour une inculturation de notre charisme et à la recherche des solutions pour les crises dans lesquelles l'Afrique est plongée. Ceux des scolasticats, eux aussi, pourraient orienter leurs travaux de recherche dans le même sens.

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1 - Documenta III, Capitulum generale XII (1947), P. 21-22

2 - Documenta IV, Capitulum generale XIII (1954), P. 8

3 - Documenta XI, Capitulum generale XVII (1979), P. 74

4 - Documenta XIII, Capitulum generale XVIII (1985), P. 33

5 - Ibidem , P. 34

6 - Ibidem , 35

7 - Ibidem , P. 35

8 - Documenta XV, Capitulum generale XIX , P. 33

9 - Documenta XVII, Capitulum generale XX , 166-167

10 - Ibidem , 168

11 - I bidem , 168

12 - EBOUSSI BOULAGA, F., Préface de KADIEBWE MUZEMBE NYUNU, La guerre froide à l'Occident. Le Congo démocratique au cœur du débat , Yaoundé 1997.

13 - Documenta XVII, Capitulum generale XX , 168

14 - Documenta XIX, Capitulum generale XXI , P. 229

15 - Ibidem , P. 372-374

 

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