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10/04/2012

RDC - Un nouveau chapitre s’ouvre pour la Province du Congo

 

La Province du Congo compte de nombreux jeunes en formation. À la fin de 2011, il y avait 45 dehoniens en vœux temporaires.

Mais c’était bien différent au début des années ’70 lorsque le jeune Zénon Sendeke confia à un SCJ de sa paroisse qu’il voulait devenir prêtre. Quand il a été accepté comme candidat, en 1975, il n’y avait pas de noviciat, ni de programme de philosophie ou de théologie.

On se demandait : «Où envoyer ce jeune Zénon? », raconte en riant le P. Zénon qui, après un noviciat dans une autre communauté religieuse, a fait ses premiers vœux chez les Prêtres du Sacré-Cœur en 1978.Zenon Sendeke 3

Trente-cinq ans après son entrée au noviciat, le P. Zénon devient maintenant le supérieur provincial de la Province du Congo. Le 1er juillet, il deviendra le premier dehonien congolais à recevoir cette charge. Le Congo suit ainsi les provinces africaines du Mozambique et du Cameroun qui sont aussi dirigées – pour la première fois – par des citoyens de leur propre pays.

Les Prêtres du Sacré-Cœur passent ainsi d’une présence missionnaire en Afrique à un véritable être africain.

Au sujet de sa nomination comme supérieur provincial, le P. Zénon déclare : «C’est un grand défi, mais je suis calme parce que je crois qu’avec la grâce de Dieu, tout ira bien


Les SCJs travaillaient dans sa paroisse

Le P. Zénon a pratiquement grandi avec les Prêtres du Sacré-Cœur. À l’âge de 7 ans, sa famille est déménagée à Kinshasa (alors Léopoldville), la capitale de la République Démocratique du Congo. Là, la famille fréquentait la paroisse Saint-Clément, confiée aux Prêtres du Sacré-Cœur.

Engagé dans la paroisse, le P. Zénon dit que tout jeune garçon, il pensait déjà à une vocation à la prêtrise. «À ce moment, je ne connaissais pas la différence entre un religieux et un séculier. Je voulais tout simplement devenir prêtre», dit-il.

«C’est chemin faisant que j’ai commencé à découvrir la spiritualité des Prêtres du Sacré-Cœur,» ajoute-t-il. En particulier, il a été attiré par l’exemple d’un dehonien de sa paroisse, le P. Franciszek Sleczka. «J’étais surtout frappé par son attention à la jeunesse, aux malades et aux pauvres. Je peux dire qu’il vivait ce que le Père Dehon avait demandé à ses prêtres: de sortir des sacristies et d’aller vers le peuple. La cité où se trouve la paroisse Saint-Clément est très sinistrée, mais le père ne se laissait pas arrêter par les difficultés. J’ai vu combien il aimait les gens et était bon avec tout le monde.

«Je me suis dit : pourquoi ne pas être comme lui, être Prêtre du Sacré-Cœur et vivre sa spiritualité? »

En 1973, il a demandé pour étudier avec les Dehoniens. Mais comme il n’y avait pas de programme de formation, on l’a encouragé à poursuivre son discernement à l’extérieur de la communauté.

«Mais j’ai continué à insister,» dit-il. En 1975, sa persévérance fut récompensée et il fut accepté comme candidat.

Après sa profession, le P. Zénon étudia la philosophie chez les Jésuites à Kinshasa, puis la théologie à l’Institut Théologique St-Cyprien à Ngoya, au Cameroun.

Il a été ordonné en 1984 et fut envoyé dans diverses paroisses, d’abord à Notre-Dame, à Yangambi (à environ 100 km de Kisangani), puis à Sainte-Marie, à Basoko (à plus de 250 km de Kisangani).

En 1988, il se joint à l’équipe pastorale de la paroisse Sainte-Marthe, sur la rive gauche du fleuve Congo à Kisangani, où il resta quatre années, dont trois où il a été aussi directeur du Centre de Pastorale du diocèse.

En 1992, le P. Zénon part étudier à Rome où il a obtenu une licence en éducation à l’Université Pontificale Salésienne. Cette licence l’a servi dans son travail comme directeur de l’Institut Maele à Kisangani. Là aussi il réalisait une première, le premier Dehonien congolais à diriger l’école fondée en 1939 par Mgr Joseph Wittebols, SCJ.

Depuis qu’il est revenu au Congo en 2011, après une année sabbatique en Amérique du Nord, le P. Zénon a été nommé pour l’animation de la jeunesse à Kisangani. Il travaille en équipe avec des laïcs, mariés ou célibataires, utilisant différents médias et organisant des activités pour aider les jeunes dans leur croissance spirituelle et intellectuelle. Il ajoute : «C’est une façon d’aider les jeunes à apprendre à faire les bons choix.»

Même s’il affirme aimer toute forme de ministère, il est évident que celui auprès des jeunes trouve une place privilégiée dans le cœur du P. Zénon. «J’aime beaucoup partager la Parole de Dieu avec les jeunes, animer pour eux des journées de récollection ou des retraites… Lorsque j’étais à Maele, j’avais un contact permanent avec la jeunesse et je pouvais voir toutes leurs difficulté.

«Pour moi, c’est insupportable de voir des enfants qui ne peuvent étudier à cause du manque d’argent. Et malheureusement, au Congo les enseignants aussi sont souvent sans le sou

Si on lui demande s’il trouvera difficile d’abandonner ce ministère auprès des jeunes, compte tenu de son nouveau rôle de leadership, le P. Zénon nous dit que son engagement auprès des jeunes prendra peut-être une forme différente, mais qu’il n’a pas l’intention d’abandonner celui-ci. «Une partie de mon travail dans l’animation de la Province est aussi l’animation des jeunes, de concentrer temps et énergie dans ce domainerep-dem-congo


En regardant vers l’avenir

En envisageant l’avenir du Congo et de la présence SCJ, le P. Zénon commence par jeter un regard sur le passé, sur la base construite par les nombreux missionnaires qui étaient là avant lui.

«La première chose que nous devons faire, c’est reconnaître l’amour, la bonté, la bravoure, l’effort et le sacrifice de nos prêtres et frères missionnaires,» dit-il. »Ils ont été des personnes de foi qui ont osé non seulement de venir au Congo, mais aussi d’y rester dans les périodes difficiles de guerres et de rébellions. »

Ces temps de guerre ont coûté la vie à 29 Dehoniens, dont Mgr Wittebols qui a fondé l’école que le P. Zénon a dirigée pendant 12 ans.

«La mission du Congo était une mission chère au cœur du P. Dehon,» rappelle le P. Zénon. «J’ai grandi dans cette mission

En évoquant les nombreux changements survenus dans la Province du Congo, le P. Zénon trouve triste de voir le nombre de missionnaires diminuer, mais considère comme une source de fierté de voir autant de Congolais assurer la relève dans les paroisses et autres activités de la Province. «C’est une bénédiction, et j’ose croire que cela fait la fierté de nos missionnaires de voir cette mission continuer après eux.»

On garde une grande insistance sur la formation, mais il y a au Congo une diversité de ministères que les Dehoniens congolais s’approprient.

«Comme le disent nos Constitutions, les Prêtres du Sacré-Cœur n’ont pas une mission spécifique, » dit le P. Zénon. « Nous nous mettons à la disposition de l’Église locale, travaillant dans les diocèses de Kinshasa, Kisangani et Wamba. Nos pères et frères travaillent dans la formation, les paroisses, les écoles, les prisons, auprès des jeunes – particulièrement les jeunes de la rue – et dans les médias

Dans tous ces ministères, le Dehoniens congolais marchent dans les pas des missionnaires qui les ont précédés et ils tracent maintenant leurs propres chemins.


Plusieurs défis

La Province du Congo est en croissance, dans un pays qui doit lutter encore pour sortir de troubles civils. «Il y a des gens de bonne volonté dans ce pays, mais nous avons encore du chemin à faire,» dit le P. Zénon. «La corruption, la violence, la mauvaise gestion, le gaspillage, l’irresponsabilité et la cupidité ne font qu’enfoncer le pays dans le désordre. Il y a tellement de besoins dont il faut s’occuper, comme l’analphabétisme, la faim, la criminalité et la pauvreté. Une grande partie du pays n’a pas de routes convenables (quand il y en a), d’électricité, d’écoles, d’hôpitaux ou de moyens modernes de communication.»

Le P. Zénon explique que les Dehoniens doivent répondre à ces besoins en en formant de jeunes leaders. Il faut aussi trouver des moyens d’arriver à une plus grande autonomie financière comme Province, comme il faut aussi «aider le peuple congolais à changer de mentalité et à se prendre en charge, pour ne plus vivre dans la dépendance

Encore et encore le P. Zénon évoque les nombreux défis de son pays, mais à chacun d’eux il oppose une raison d’espérer. «Notre pays n’est pas seulement un pays de souffrances,» dit-il. «Il y a des endroits où il y a une bonne collaboration avec l’autorité civile locale, avec les évêques et avec la population »

«Mon grand espoir est que le pays puisse vivre en paix, permettant au peuple de mettre en valeur la richesse qu’il possède. Que la RDC ait des autorités crédibles et responsables, consciencieux et qui aiment le peuple. Que la justice et une vraie démocratie s’installent dans le pays

« J’espère que l’on puisse reconstruire le pays, avec des routes, de l’eau et de l’électricité partout. J’espère que l’on respecte et que l’on s’occupe des jeunes comme ils en ont besoin… »

« Nous faisons face à de nombreux défis, mais nous avons aussi une grande espérance et beaucoup de raisons d’être reconnaissants. Nous comptons sur le soutien spirituel, moral et matériel de toute la Congrégation. Nous remercions la Congrégation pour son soutien, passé et futur et nous invitons tous ceux qui le veulent à se joindre à nous alors que nous allons de l’avant. »